Les feux de jour (DRL, pour Daytime Running Lights) sont obligatoires sur tout véhicule léger neuf depuis février 2011 en Europe. Identifier leur présence sur un véhicule donné ne se résume pas à repérer deux bandes LED à l’avant : la configuration dépend de l’année de mise en circulation, du constructeur et parfois d’un simple paramètre logiciel dans le calculateur d’éclairage.
Commutateur d’éclairage et position AUTO : le diagnostic le plus fiable
Le commodo d’éclairage reste le premier outil de vérification. Sur les véhicules équipés de feux de jour dédiés, la position AUTO du commutateur d’éclairage active les DRL dès le démarrage du moteur, sans intervention du conducteur.
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Tournez le commodo sur AUTO, démarrez le moteur et observez l’avant du véhicule. Si des rampes lumineuses distinctes des feux de croisement et des feux de position s’allument à intensité constante, le véhicule dispose de DRL dédiés.
Sur certains modèles plus anciens ou d’entrée de gamme, la position AUTO n’existe pas. Dans ce cas, nous recommandons de consulter la notice constructeur, qui indique explicitement si le véhicule dispose d’une fonction d’éclairage diurne, qu’elle soit matérielle (bloc optique dédié) ou logicielle.
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Feux de jour dédiés ou feux de croisement à intensité réduite : deux configurations distinctes

Tous les véhicules conformes au règlement ONU n°48 ne gèrent pas l’éclairage diurne de la même façon. Deux architectures coexistent sur le parc roulant.
- DRL dédiés (rampes LED séparées) : installés de série sur la quasi-totalité des véhicules produits après 2011, ils possèdent leur propre optique, distincte des feux de croisement et des feux de position. Leur consommation électrique est faible et ils s’éteignent automatiquement à l’allumage des feux de croisement ou des feux de route.
- Feux de croisement à intensité réduite : certains constructeurs (notamment sur des véhicules importés de pays nordiques) utilisent les feux de croisement à puissance diminuée comme éclairage diurne. Visuellement, le bloc optique semble identique à un fonctionnement classique, mais la puissance lumineuse est inférieure.
- Fonction logicielle via le calculateur : sur des modèles produits autour de la période de transition réglementaire, l’éclairage diurne peut être activé ou désactivé par le calculateur du véhicule. Un passage en diagnostic (valise OBD) permet de vérifier si cette fonction est programmée.
La distinction est loin d’être anecdotique. Un véhicule qui utilise ses feux de croisement en mode diurne allume aussi les feux arrière. Un véhicule équipé de DRL dédiés laisse les feux arrière éteints en mode diurne, ce qui a des conséquences directes en cas de visibilité dégradée.
Feux arrière éteints en mode DRL : le piège du tunnel et de la pluie
C’est un point que la majorité des conducteurs ignorent. Quand seuls les DRL dédiés fonctionnent, l’arrière du véhicule reste dans l’obscurité. En plein jour sur autoroute, aucun problème. En revanche, à l’entrée d’un tunnel, sous une pluie battante ou dans une zone forestière dense, l’absence de feux arrière rend le véhicule quasi invisible par l’arrière.
Le réflexe correct consiste à basculer manuellement sur les feux de croisement dès que la luminosité baisse, même légèrement. Les véhicules récents dotés d’un capteur de luminosité en position AUTO effectuent cette bascule automatiquement, mais le seuil de déclenchement varie d’un constructeur à l’autre.
Nous observons régulièrement des véhicules circulant en tunnel avec les seuls DRL allumés. Le tableau de bord n’affiche alors aucun voyant d’éclairage actif (ou uniquement le symbole DRL), ce qui peut tromper le conducteur. Vérifiez que le voyant des feux de croisement (deux demi-cercles avec faisceaux orientés vers le bas) s’allume bien dans ces situations.

Véhicule importé ou d’occasion : vérifier la configuration réelle
Un véhicule importé depuis un pays où l’allumage diurne obligatoire existait avant 2011 (pays scandinaves notamment) peut présenter une configuration atypique. Le commodo peut ne pas offrir de position OFF pour les feux, ou les feux de croisement peuvent s’allumer systématiquement au démarrage sans option DRL séparée.
Pour un véhicule d’occasion mis en circulation avant 2011, l’absence de DRL n’est pas un défaut. L’obligation ne s’appliquait qu’aux véhicules neufs homologués à partir de cette date. En revanche, lors du contrôle technique, un véhicule qui devrait en être équipé mais dont les DRL sont défaillants se verra appliquer une défaillance majeure.
Trois vérifications permettent de trancher rapidement :
- Consulter le certificat d’immatriculation : la date de première mise en circulation indique si le véhicule entre dans le champ de l’obligation.
- Examiner le bloc optique avant : la présence d’une rampe LED distincte, souvent positionnée sous ou à côté du phare principal, signale des DRL dédiés.
- Ouvrir la notice constructeur à la section éclairage : elle précise le type de feux diurnes installés et leur mode de fonctionnement (automatique, semi-automatique ou via codage).
Témoin au tableau de bord : identifier le symbole DRL
Le voyant des feux de jour n’est pas standardisé entre tous les constructeurs, mais il prend généralement la forme d’un symbole représentant un phare avec des lignes horizontales ou un soleil stylisé. Il se distingue nettement du voyant des feux de croisement et de celui des feux de position.
Sur les véhicules récents, ce témoin s’allume au démarrage puis reste visible tant que les feux de croisement ne prennent pas le relais. Si vous ne repérez aucun voyant de ce type et que le véhicule date d’après 2011, il est possible que les DRL soient désactivés par codage ou qu’une ampoule LED soit défaillante.
Un passage rapide avec une valise de diagnostic OBD permet de lire l’état de la fonction DRL dans le calculateur d’éclairage et de la réactiver si elle a été désactivée par un précédent propriétaire. Cette manipulation est courante sur les véhicules du groupe Volkswagen, où le codage via VCDS ou OBDeleven donne accès au paramètre en quelques minutes.
La présence de feux de jour sur un véhicule se vérifie donc par recoupement : date de mise en circulation, examen du bloc optique, position du commodo et témoin au tableau de bord. Sur un véhicule post-2011, l’absence de DRL fonctionnels mérite une investigation, car elle peut signaler un dysfonctionnement sanctionné au contrôle technique.

